Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/217

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tous égards d’estime et d’intérêt, tant par ses qualités personnelles et ses connaissances, que par sa triste histoire, que le capitaine leur avait racontée, et qui l’avait rendu particulièrement intéressant au cœur sensible des dames.

Il avait aimé passionnément la sœur du capitaine Harville ; ils étaient engagés l’un à l’autre ; ils attendaient pour se marier que Bentick fût plus riche et plus avancé, ce qui ne pouvait tarder que deux ans au plus. Mais quel mortel peut compter sur l’existence et sur le bonheur ? La fortune et l’avancement vinrent, et Fanny Harville partit pour jamais ; elle était morte l’été précédent pendant que son amant était en mer : il revint, et ne trouva que la tombe de sa bien-aimée. Frederich Wentworth croyait qu’il était impossible qu’un homme fût plus attaché à une femme que son ami Bentick l’était à Fanny, et d’être plus profondément affligé. Son caractère avait complètement changé depuis ce cruel événement ; jusqu’alors gai, animé, plein de feu et de vivacité, il était devenu sérieux, tranquille et passionné pour la retraite et la littérature. L’amitié qui existait entre lui et Harville, qu’il regardait comme un frère, s’était, s’il est possible encore, augmentée par le malheur qui