Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/230

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worth les recommanderait à ses amis, et ils auraient au moins quelques plaisirs dans leurs vieux jours. N’est-il pas triste de voir que de si braves gens ne savent rien faire pour leur bien-être et leur santé, et s’obstinent à passer les dernières années de leur vie dans un village où il n’y a à voir que notre famille ? Leurs amis devraient se réunir pour persuader au docteur que le temps du repos est arrivé pour lui, et qu’il devrait céder sa cure à quelqu’un plus en état, par son âge et par ses forces, de la diriger. Il se procurerait facilement une dispense, vu sa vieillesse et son caractère. Ma seule crainte, c’est qu’aucun motif ne puisse le déterminer de quitter sa paroisse ; il est si strict, si scrupuleux ! beaucoup trop sans doute : c’est un point de conscience de sacrifier sa santé pour occuper une place qui pourrait être si bien remplie ! et d’ailleurs, s’il venait à Lyme, seulement à dix-sept milles d’Uppercross, il serait assez près pour savoir si ses paroissiens ont quelque sujet de plainte, et bien sûrement ils n’en auraient aucun. »

Jamais Henriette n’avait été aussi éloquente. Il était facile de deviner le motif de ce tendre intérêt pour la santé du vieux docteur