Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/232

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voudrais, Alice, que lady Russel vécût aussi à Uppercross, et fût liée avec les Schirley. J’ai toujours entendu dire que votre amie a une grande influence sur tout le monde, qu’elle peut persuader à chacun ce qu’elle veut ; qu’en pensez-vous, vous qui la connaissez si bien ? est-il vrai qu’on ne peut lui résister ? »

Alice ne répondit pas grand’chose ; ses pensées avaient pris un autre cours ; elle se rappelait l’influence que l’opinion de son amie avait eue sur sa vie, sans en avoir sur ses sentimens, lorsque le capitaine Wentworth arriva avec l’heureuse Louisa. « Nous avons bien pensé, dit la dernière, que nous vous trouverions ici, et nous avons encore le temps, avant que le déjeûner soit prêt, de faire un tour dans la ville ; j’ai quelques emplettes à faire. » Alice et Henriette y consentirent, et tous ensemble prirent le chemin de la ville.

Quand ils arrivèrent à la rampe de l’escalier qui monte du rivage à l’intérieur de la ville, un gentilhomme la descendait, et se retira de côté pour laisser le chemin libre ; le hasard voulut qu’Alice passât si près de lui, qu’elle se crut obligée de lui faire un léger salut pour le remercier de sa politesse. Les regards de l’étranger étaient attachés sur