Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/237

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un jour. Il y a comme cela des gens bien heureux.

— Eh bien ! que vous ai-je dit ? héritier de sir Walter Elliot, baronnet ; j’en étais sûre ; c’est une circonstance que ses gens prennent soin de publier. Mais, Alice, ne trouvez-vous pas que cette rencontre est très-extraordinaire ? Au moins s’il avait su que nous étions ici, s’il avait pu se présenter à ses cousines, aux filles de sir Walter Elliot ! Vous avez passé près de lui, Alice ; je crois même qu’il vous a saluée ; car je ne sais comment il se fait que vous soyiez toujours heureuse, et moi jamais : trouvez-vous qu’il ait la physionomie de notre famille ? Au moment où il est parti, j’étais occupée de ses chevaux, qui sont de belles bêtes, en vérité. Ce jeune homme m’a paru, au total, avoir la tournure des Elliot. Je ne comprends pas que les armes sur le panneau ne m’aient pas frappée ; mais vous, Charles, vous regardiez le carricle, et vous n’avez pas su les voir ? les armes de votre épouse, les armes des Elliot ! cela devait vous sauter aux yeux. Je me rappelle à présent que la redingote pendait sur le panneau et cachait l’écusson ; sans cela je suis sûre que les armes auraient fixé mes regards, et la livrée aussi,