Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/241

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Quelle douleur fut la nôtre !… Pauvre Fanny !…

« — Apprit-il de suite cette affreuse nouvelle ? demanda Alice.

— Non ; il était en mer, et ne revint du Cap, sur le Grappler, que dans les premiers jours d’août. J’étais à Plymouth, où je l’attendais, redoutant et désirant à-la-fois son arrivée ; il écrivait, hélas ! à celle qui n’existait plus pour nous l’apprendre, et avec quelles expressions de bonheur ! Ah, miss Elliot ! nous étions bien malheureux ! Le ciel voulut différer encore le triste moment où Bentick devait connaître toute l’étendue de son infortune : le Grappler, au lieu de débarquer à Plymouth, reçut l’ordre d’aller à Portsmouth. Ma santé, ma propre douleur, ne me permettaient pas ce voyage ; mais j’avais un autre moi même qui pouvait instruire mon ami de la perte cruelle qu’il avait faite, et veiller sur le désespoir des premiers momens ; cet excellent garçon, dit-il en montrant Wentworth, qu’on trouve toujours au besoin. La Laconia était venue à Plymouth huit jours auparavant, il n’était pas présumable qu’elle se remît en mer, Frederich écrivit à l’amirauté pour avoir un congé ; et, sans attendre