Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/44

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« J’userai de toute mon influence, » dit-elle à sa jeune amie (en ajoutant de nouvelles réductions sur son papier, d’après le plan proposé par Alice), et recommençant ses calculs. « Si nous pouvons persuader votre père, ajouta-t-elle, dans sept ans il sera complètement libéré ; j’espère qu’il se rendra à l’évidence, ainsi qu’Elisabeth, et que nous leur ferons entendre que Kellinch-Hall est en lui-même une propriété assez respectable pour qu’elle ne perde pas de son lustre par ces réductions ; que la véritable dignité de sir Walter Elliot est trop bien établie pour que son honneur en souffre aucune tache ; que les gens sensés, au contraire, l’en estimeront davantage. Que fera-t-il en effet ? ce que plusieurs de nos premières familles ont fait ou devraient faire : il n’y a rien là d’extraordinaire, rien dont on puisse le blâmer ; et souvent c’est l’opinion du monde, ou celle qu’on lui suppose, qui fait la plus grande partie de nos souffrances, lorsqu’il faut prendre une résolution difficile. « J’ai l’espoir que nous réussirons, disait-elle à Alice ; mais soyons fermes ; répétons-lui que le premier devoir d’un honnête homme, lorsqu’il a contracté des dettes, est de les payer ; et quoique je sente aussi bien que lui tous les