Page:Austen - La Nouvelle Emma T4.djvu/198

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


m’envoyait mes lettres par une occasion sûre, et que si je n’en trouvais pas une dans huit jours pour lui faire parvenir les siennes à Highbury, je voudrais bien les lui adresser à… Enfin l’adresse de madame Smallridge, près Bristol, me sauta aux yeux. Je connaissais le nom, le lieu et tout ce qui s’en suit, je vis sur-le-champ ce qu’elle allait faire. Je reconnus bien là la fermeté de son caractère ; et sa circonspection à n’en pas parler dans sa première lettre, peignait bien son extrême délicatesse. Pour tout au monde, elle ne se serait pas abaissée à me faire des reproches. Figurez-vous le coup terrible que je reçus ; figurez-vous combien je m’emportai contre la poste, jusqu’à ce que j’eusse découvert mon erreur. Mais que devais-je faire ? Une seule chose : parler à mon oncle ; sans son approbation, je ne pouvais plus espérer d’être écouté.