Page:Austen - Orgueil et Prevention 1.djvu/110

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
106
ORGUEIL

Mlle Bingley ne put cependant se résoudre à contrarier M. Darcy ; elle lui demanda l’explication de ces deux motifs.

« Je vous la donnerai volontiers, dit-il aussitôt qu’elle lui eut permis de parler ; vous choisissez cette manière de passer la soirée parce que sans doute vous avez quelque chose à vous communiquer, ou parce que vous savez que votre taille paraît avec plus d’avantage lorsque vous marchez ; si c’est la première raison, je vous serais vraiment à charge ; et si c’est la seconde, je puis vous admirer infiniment mieux au coin du feu.

» — Oh ! c’est affreux ! s’écria Mlle Bingley, je n’ai jamais rien entendu d’aussi méchant : comment le punirons-nous ?

» — Rien de plus facile, si vous le désirez, dit Élisabeth ; il est toujours en notre pouvoir de nous punir mutuellement : moquez-vous de lui, tourmentez-le ; étant si intime avec lui, vous en devez savoir les moyens.

» — Vraiment, non, mon intimité ne m’a pas encore appris cela. Le tourmen-