Page:Austen - Orgueil et Prevention 1.djvu/117

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
113
ET PRÉVENTION

même, de ne laisser paraître aucune marque d’admiration, rien qui pût lui donner l’orgueilleuse pensée de jamais influer sur son bonheur. Son parti ainsi arrêté, il dit à peine deux mots durant tout le jour ; et, quoiqu’il se trouvât seul avec elle plus d’une demi-heure, il prit un livre, et ne voulut pas même la regarder.

Le dimanche matin, après l’office, le départ tant désiré d’une partie de la société eut lieu : les attentions de Mlle Bingley pour Élisabeth augmentèrent visiblement, ainsi que son amitié pour Hélen. En la quittant elle l’embrassa, l’assurant qu’elle aurait toujours le plus grand plaisir à la voir à Netherfield, ou à Longbourn ; elle daigna même donner la main à Élisabeth, qui les quitta tous fort gaîment. Leur mère ne les reçut pas d’un air très-satisfait : elle était étonnée de les voir fâchées qu’elles eussent donné autant d’embarras. Elle était sûre qu’Hélen avait encore gagné quelque rhume ;… Mais M. Bennet, quoique très-laconique