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ET PRÉVENTION

lui présenta un livre, mais, en le regardant, comme tout annonçait que ce livre provenait d’un cabinet de lecture, il recula d’effroi ; et en s’excusant, assura qu’il ne lisait jamais de romans. Kitty, tout étonnée, le regardait ; et Lydia s’écria : cela est-il possible ! D’autres livres lui furent présentés. Après un long examen, il choisit enfin les sermons de Fordyce. À peine eut-il ouvert le livre, Lydia bâillait déjà, et avant la troisième page elle l’interrompit.

« Savez-vous, maman, dit-elle, que mon oncle Philips parle de renvoyer Richard ?

» — S’il le fait, le colonel Forster est décidé à le prendre ; j’irai demain à Meryton, savoir ce qui en est : il faut aussi que je m’informe si le capitaine Carter est revenu de Londres. »

Ses sœurs la firent taire, mais M. Colins, fort blessé, ferma son livre et dit :

« J’ai souvent remarqué le peu de goût qu’ont les jeunes personnes pour les ouvrages sérieux, écrits cependant