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ORGUEIL

Si l’attente du bal n’eût fourni aux deux plus jeunes sœurs ample matière de conversation, elles eussent été à plaindre, car, depuis le jour de l’invitation jusqu’à celui du bal, il ne cessa de pleuvoir ; elles ne purent une seule fois aller à Meryton. Durant quatre jours, ne voir ni leur tante ni les officiers, et n’apprendre aucune nouvelle, était pour elles une chose bien extraordinaire : cette réclusion alla même jusqu’à faire acheter, sans les voir, les rosettes des souliers de bal. Élisabeth elle-même aurait pu être contrariée par un temps qui différait le progrès de ses liaisons avec M. Wickham, et il ne fallait rien moins à Kitty et à Lydia que la certitude de danser le mardi suivant pour leur faire supporter la durée des quatre jours qui devaient s’écouler jusque-là.