Page:Austen - Orgueil et Prevention 1.djvu/248

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leur souhaiter bonheur et santé, sans même excepter ma cousine Élisabeth. »

Ces dames lui répondirent très-poliment et se retirèrent tout étonnées des projets d’un si prompt retour. Mme Bennet pensait avec plaisir, que peut-être il comptait offrir ses vœux à l’une de ses plus jeunes filles, et Mary se fût aisément décidée à les agréer ; en effet, Mary admirait beaucoup ses talens, vantait la solidité de son esprit, et quoiqu’assurément moins savant qu’elle, ne pouvait-il pas faire de rapides progrès, ayant pour l’encourager à l’étude un exemple tel que le sien ? Le lendemain vit s’évanouir tous ces beaux projets ; Mlle Lucas vint à Longbourn aussitôt après le déjeûné, et dans un entretien particulier avec Élisabeth raconta l’événement de la veille.

La pensée que M. Colins pourrait se croire amoureux de Charlotte, s’était ces deux derniers jours plus d’une fois présentée à Élisabeth ; mais que Charlotte le pût encourager, lui semblait aussi impossible que de l’encourager elle-même,