Page:Austen - Orgueil et Prevention 1.djvu/39

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
35
ET PRÉVENTION

» — Une autre fois, Lizzy, lui dit sa mère, je le refuserais, si j’étais à votre place.

» — Je crois, maman, que je puis avec sûreté vous promettre de ne jamais danser avec lui.

» — Sa fierté, dit Mlle Lucas, ne me paraît pas aussi ridicule que la fierté le semble ordinairement ; car on ne peut guère s’étonner qu’un jeune homme beau, riche et d’une famille distinguée pense bien de lui-même. Je crois qu’il a le droit d’être fier, si j’ose m’exprimer ainsi.

» — Cela est très-vrai, répondit Élisabeth ; et je lui pardonnerais facilement sa fierté s’il n’eût blessé la mienne.

» — L’orgueil, observa Mary, qui se piquait de réfléchir et de moraliser, est de tous les vices, je crois, le plus commun. Par tout ce que j’ai lu, je suis convaincue que c’est une faiblesse attachée à la nature humaine et qu’il y a peu de personnes qui ne tirent vanité de quelques qualités réelles ou imaginaires. La