Page:Azaïs - Jugement philosophique sur J.J. Rousseau et sur Voltaire.djvu/21

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lièrement frivole, qui, à l’aide de l’extrême facilité de son caractère, lui donnent leurs mœurs et leurs opinions. Naturellement tendre et sensible, il aurait goûté les affections de famille avec autant de vivacité que, dans un autre temps, il les a décrites, si elles s’étaient approcher de lui pour la première fois à cette époque où il décrivait. Mais, destiné à passer alternativement, et avec excès, par toutes les dispositions que l’homme peut connaître, il n’était au moment où son premier enfant allait recevoir le jour, qu’un homme sans mœurs, sans goût pour les sentimens à la fois simples, et honnêtes. Dans cette occasion importante, comme dans toutes celles de sa vie, il suivit l’impulsion du moment, en décorant d’ailleurs ses résolutions de principes dérisoires, dont il n’apercevait point l’absurdité. Au sein d’une vaste et vieille monarchie, et emporté lui-même par le tourbillon de tous les goûts, de tous les besoins, qui marquent dans un état la civilisation très avancée, il se constitue, pour un seul objet, citoyen de la république de Platon ; il se dépouille du titre de père ; il fait hommage de ses enfans à la patrie ; il les jette, sans les regarder, dans le dépôt des contributions communes et ce mou-