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EN PRISON À BERLIN

devoir insister, tourna les talons et sortit prestement de la cellule.

Du mois de juin 1916 jusqu’au jour de ma sortie d’Allemagne, je pus recevoir, sinon régulièrement, du moins en quantité suffisante, les vivres qui m’étaient envoyées d’Angleterre et quelquefois du Canada. On m’a souvent posé cette question : — « Ces colis qui vous étaient adressés, vous étaient-ils ponctuellement remis ? » Je crois pouvoir répondre affirmativement en tant que je suis concerné. Il semble que les employés du service postal commettaient moins de vols que ceux du service des messageries. Nous avons constaté assez souvent que des colis avaient été ouverts, et que quelques boîtes de conserves en avaient été enlevées. Certains colis ne nous sont jamais parvenus. Il nous était assez facile de contrôler la livraison de ces colis parce que tous portaient un numéro.

Certains prisonniers recevaient des provisions en quantité assez considérable par chemin de fer, c’est-à-dire par les messageries. Ces caisses étaient naturellement de dimensions plus grandes que les colis postaux. C’était la grande exception lorsqu’elles arrivaient intactes ; de quatre à six livres de provisions en avaient été enlevées, et la caisse hâtivement refermée indiquait, même à première vue, qu’un vol avait été commis.

À ce sujet, il n’est pas hors de propos de dire que certains journaux allemands firent remarquer qu’au cours de l’année 1917 les réclamations contre les com-