Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/148

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tières d’Allemagne. Le corps entier des policiers et les sentinelles des frontières étaient sur les dents.

À notre grand regret, de ces onze prisonniers évadés, dix furent repris : seul, M. Gibson réussit à se tenir au large. Quant à MM. Ellison et Keith, ils ne tombèrent entre les mains des Allemands qu’une dizaine de jours plus tard, après des marches de nuit épuisantes. La température était alors très froide, et on imagine les souffrances que durent endurer ces prisonniers en route vers les frontières des pays neutres.

Les dix prisonniers capturés furent, les uns après les autres, ramenés à la prison. Les règlements devinrent beaucoup plus sévères, et il ne pouvait être question, pour eux, de retourner à Ruhleben. Toutefois, vers le mois d’août 1917, une convention avait été conclue entre l’Angleterre et l’Allemagne au sujet du traitement à infliger aux prisonniers divers qui avaient essayé de s’évader. Une des clauses de cet arrangement stipulait que tous les prisonniers coupables de tentative d’évasion, et détenus dans les prisons, seraient immédiatement renvoyés dans leurs camps respectifs. Nous avions à peine lu, dans les journaux allemands que nous recevions, soir et matin, les diverses clauses de cet arrangement, que déjà la plupart des prisonniers entrevirent des possibilités nouvelles de conquérir leur liberté. MM. Ellison et Keith me prévinrent que ce ne serait pas long, à Ruhleben, avant qu’ils n’entreprissent le voyage de Hollande.