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MILLE ET UN JOURS

partiez dès demain matin, et comme nous n’avons à ce sujet que des renseignements incomplets, nous vous suggérons d’aller discuter la chose à La Haye. »

Cette après-midi-là, j’arrivais à la Légation anglaise, à La Haye, où j’avais le plaisir de rencontrer un charmant officier de marine. Il m’explique donc qu’on s’attendait à mon départ pour l’Angleterre le lendemain matin. Je m’obstine, naturellement, à ne pas vouloir partir. Il insiste.

— « Mais, lui dis-je, ne suis-je pas, après tout, le plus intéressé dans cette question de rapatriement ? Il est de la plus haute importance que je demeure en Hollande jusqu’à l’arrivée de ma fille, détenue en Belgique depuis trois ans. D’Angleterre, il me sera à peu près impossible de communiquer avec les autorités militaires allemandes en Belgique. »

Le brave officier admit bien qu’à ce point de vue il était beaucoup plus avantageux pour moi, sous tous rapports, de demeurer en Hollande au lieu de me rendre immédiatement en Angleterre.

— « Mais, ajouta-t-il, vous semblez ignorer que votre cas est un cas spécial : vous êtes échangé avec un prisonnier allemand détenu en Angleterre. »

— « Je sais cela », répondis-je.

— « Eh ! bien, repartit l’officier, ce prisonnier allemand qui doit recevoir sa liberté en échange de la vôtre, ne saurait quitter l’Angleterre avant votre arrivée. »

Quelque diable peut-être me poussant, je ne pus