Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/249

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direction de celui ou de ceux qui président à ses destinées.

Et c’est parce qu’ils ont une même âme, que les compatriotes vivent, par leurs traditions, d’une même vie dans le passé ; par leurs communes aspirations et leurs communes espérances, d’un même prolongement de vie dans l’avenir.

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La Belgique était engagée d’honneur à défendre son indépendance : elle a tenu parole. Les autres puissances s’étaient engagées à respecter et à protéger la neutralité belge : l’Allemagne a violé son serment, l’Angleterre y est fidèle.

Voilà les faits.

Les droits de la conscience sont souverains : il eût été indigne de nous, de nous retrancher derrière un simulacre de résistance.

Nous ne regrettons pas notre premier élan, nous en sommes fiers. Écrivant, à une heure tragique, une page solennelle de notre histoire, nous l’avons voulue sincère et glorieuse.

Et nous saurons, tant qu’il le faudra, faire preuve d’endurance.

L’humble peuple nous donne l’exemple. Les citoyens de toutes les classes sociales ont prodigué leurs fils à la patrie ; mais lui, surtout, souffre des privations, du froid, peut-être de la faim. Or, si je juge de ses sentiments en général, par ce qu’il m’a été donné de constater dans les quartiers populaires de Malines, et dans les communes les plus affligées de mon diocèse, le peuple a de l’énergie dans sa souffrance. Il attend la revanche, il n’appelle point l’abdication.