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MILLE ET UN JOURS

les villes qui marquaient son passage, il fut l’objet de manifestations identiques à celles qui l’avaient accueilli cinq semaines plus tôt.

Le Cardinal est-il allé de lui-même à Rome pour plaider la cause des Belges ? Y a-t-il été appelé par le Pape désireux de s’instruire ? Il réussit en tout cas à rompre le cordon d’investissement établi autour du Vatican par les agents de l’Allemagne et de l’Autriche. Son voyage eut pour résultat d’aviver les sympathies pour la Belgique, d’éclairer le Vatican et de le rendre plus favorable aux Belges. Mgr Heylen et lui ont eu raison des dernières résistances, plus importantes par la qualité que par le nombre, dont l’entourage du Saint Père était, malheureusement, le retranchement suprême. Rien n’a tenu contre la simplicité, la modération et la force de ces deux confesseurs — le mot n’est pas excessifs — armés de témoignages directs et en état d’opposer des faits authentiques, contrôlés par leurs soins, soumis à une critique impitoyable, aux arguties des avocats de l’Allemagne.

Rentré à Malines, le Cardinal Mercier écrivit pour ses diocésains la magnifique pastorale : « À notre retour de Rome ». On lira avec émotion les extraits suivants, en admirant la courageuse fierté avec laquelle son auteur a affirmé, au milieu des baïonnettes prussiennes, les espoirs de son peuple.