Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/259

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Allocution du Cardinal Mercier



Lisons maintenant un extrait de l’allocution que le cardinal Mercier a prononcée le 21 juillet 1916 à Bruxelles, dans la collégiale de Sainte-Gudule, au cours de la cérémonie commémorative de la fête nationale. C’est le coeur haletant qu’on la relira, ligne par ligne, comme l’une des choses les plus belles et les plus élevées qui aient jamais été dites.


* * *


Nos bien chers Frères,


Nous devions ici nous réunir pour fêter le 85e anniversaire de notre indépendance nationale.

Dans quatorze ans, à pareil jour, nos cathédrales restaurées et nos églises rebâties seront larges ouvertes ; la foule s’y précipitera ; notre Roi Albert, debout sur son trône, inclinera, mais d’un geste libre, devant la majesté du Roi des rois, son front indompté ; la Reine, les princes royaux l’entoureront ; nous réentendrons les envolées joyeuses de nos cloches et, dans le pays entier, sous les voûtes des temples, les Belges, la main dans la main, renouvelleront leurs serments à leur Dieu, à leur Souverain, à leurs libertés, tandis que les évêques et les prêtres, interprètes de l’âme de la nation, entonneront, dans un commun élan de reconnaissance joyeuse, un triomphal Te Deum.