Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/76

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bre au rez-de-chaussée d’un immeuble voisin de la Kommandantur, et dans lequel le major Von Wilm lui-même avait son bureau. Dans cette salle, je remarquai un grand nombre de personnages à l’apparence peu rassurante. Il y avait là des hommes et même des femmes, aux allures plus ou moins louches.

Abandonné là par mes deux soldats, je regardais tour à tour les hommes, les femmes, et le sous-officier de service. Je m’efforçai de découvrir quelle était la nature du lieu où je me trouvais. N’y réussissant qu’à demi, je me décidai à apostropher le sous-officier. — « Eh ! bien, pourquoi suis-je ici ?… Qu’y ai-je à faire ?… Que me veut-on enfin ? »… Il levait les épaules tout bêtement, et ne répondait rien. Il avait l’air de ne pas comprendre ou de ne rien savoir. Ma carte que je lui tendis avec un mot pour le major réussit à le mettre en mouvement. Il sortit un instant, puis, quelques minutes plus tard, un officier se présenta et je fus invité à le suivre.

Ce fut bien chez le major Von Wilm qu’on m’introduisait cette fois. — « M. Béland, me dit-il, je suis vraiment désolé. Des instructions nouvelles viennent d’arriver de Berlin, et je dois vous interner. » Je n’avais pas encore eu le temps d’ouvrir la bouche pour laisser échapper une parole de protestation qu’il ajoutait : « Mais vous serez un prisonnier d’honneur ; vous logerez ici, au Grand Hôtel, et vous y serez très bien traité. »

— « Mais tout cela ne fait pas beaucoup mon