Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/253

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L’IN-OCTAVO
ET
L’IN-TRENTE-DEUX [1]


Air du Carnaval (Air noté )


Quoi ! mes couplets, encore une sottise !
Osez-vous bien paraître in-octavo ?
Juge, critique, et docteur de l’Église,
Vont après vous s’acharner de nouveau.
L’in-trente-deux trompait l’œil du myope,
Mais vos défauts vont être tous sentis :
C’est le ciron vu dans un microscope.
Mieux vous allait de rester tout petits,
Petits, petits, oui, petits, tout petits.

« Quel trait d’orgueil ! dira la Calomnie :
« Ferait-on plus pour des alexandrins ?
« Le chansonnier vise à l’Académie,
« Et veut au Pinde anoblir ses refrains. »
Viser si haut, malgré cette imposture,
N’est point mon fait, je vous en avertis.
Pour conserver vos lettres de roture,
Mieux vous allait de rester tout petits,
Petits, petits, oui, petits, tout petits.

  1. Cette chanson a été faite pour servir de préface à l’édition in-8° de 1828.