Page:Béranger - Chansons anciennes et posthumes.djvu/663

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Lorsque dix rois, dans leur triomphe impie,
Poussaient leurs chars sur ton corps mutilé,
De leurs bandeaux j’ai fait de la charpie
Pour ta blessure, où mon baume a roulé.
Le ciel rendit ta ruine féconde ;
De te bénir les siècles auront lieu ;
Car ta pensée ensemence le monde.
L’Égalité fera sa gerbe. Adieu !

Demi-couché je me vois dans la tombe.
Ah ! viens en aide à tous ceux que j’aimais.
Tu le dois, France, à la pauvre colombe
Qui dans ton champ ne butina jamais.
Pour qu’à tes fils arrive ma prière.
Lorsque déjà j’entends la voix de Dieu.
De mon tombeau j’ai soutenu la pierre.
Mon bras se lasse ; elle retombe. Adieu !




fin