Page:Béranger - Ma biographie.djvu/399

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


trois fois passer quelques jours d’automne à Rougeperriers, chez son ami Dupont (de l’Eure). Excepté ces courses rapides, ses excursions furent bornées dès lors à des haltes, quelquefois longues, dans le village de la Celle-Saint-Cloud, où il avait une chambre chez M. Joseph Bernard, et dont il aimait l’étang et les grands marronniers, ou encore à Arnouville, chez M. Cauchois-Lemaire.

Il suivit avec un regard résigné la politique des ministres et des Chambres de la monarchie constitutionnelle, écrivant, pour venger la raison et la patrie, la satire si fine des Escargots et la foudroyante prophétie du Déluge, qu’à la fin il eut l’audace de publier, et qu’ont oubliée sans doute ceux qui veulent qu’il se soit tu jusqu’à la fin de sa vie. Et, quoiqu’il fût bien avéré pour tous que ce n’était pas à l’affermissement ou la reconstruction des trônes que songeait dans ses méditations le vieux poëte du drapeau tricolore, les héritiers des rois et les prétendants s’empressaient de saluer en lui l’esprit, la verve, la raison de la patrie.

Il avait fait recommander une souffrance au duc d’Orléans. Le fils du roi, sur-le-champ, lui écrit :

« Une bonne œuvre, et indiquée par vous, monsieur, c’est un double plaisir pour moi. Votre protégé devient le mien, et je serai heureux si, pendant votre séjour à Tours, je pouvais causer de ses intérêts avec vous. Vous êtes, permettez-moi de vous le dire, une de mes plus anciennes connaissances : il y a déjà plus de vingt ans que vos chants m’apprenaient (et quelquefois même aux dépens du latin) à aimer et à connaître la France.

« Croyez-moi, monsieur, votre affectionné,

« Ferdinand-Philippe d’Orléans. »

Il avait remercié M. Louis-Napoléon Bonaparte d’une bro-