Page:Baillon - Le Perce-oreille du Luxembourg, 1928.djvu/97

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VIII



La fin de l’histoire fut piteuse. Je ne pourrais la raconter qu’en me moquant et malgré tout, le souvenir m’en reste cher. Je préfère la transcrire telle que je la rapportai en un devoir de style, un jour que notre professeur nous avait demandé « un rapport net et précis sur quelque fait qui vous serait arrivé ». Je ne dissimulai pas mon nom. J’intitulai cela : Le Cheval de Troie.

Voici ce devoir.

Marcel était un garçon de quinze ans qui faisait des études pour devenir quelqu’un. Il avait un jeune cousin qui vivait avec ses parents dans un mas en Provence. L’enfant s’appelait Jean, ou plus familièrement Jeannot. Ne l’ayant jamais vu, Marcel l’aimait beaucoup. On lui avait promis qu’il irait le voir bientôt et pour cent mille raisons, il était bien content.

Un jour, il accompagna sa mère dans un grand magasin. Dans le compartiment des