Page:Bakounine - Lettres à Herzen et Ogarev, trad. Stromberg, Perrin, 1896.djvu/59

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mêmes et sans parler des Magyars, il se trouvait à peine quelques partisans de l’égalité des droits politiques des Slaves. De plus, le conseil que Bakounine donnait aux Slaves, de travailler à la destruction de l’Autriche, ne pouvait s’accorder avec les conditions dans lesquelles elle se trouvait en réalité.

Les différentes nationalités qui faisaient partie de cet empire étaient tellement nombreuses, que le séparatisme y était impossible. La constituer en Fédération était la seule chose rationnelle à laquelle on y pût alors aspirer.

Il est inutile de faire ici la critique de cette partie de la brochure de Bakounine, attendu qu’elle se rapporte à la Russie ; l’auteur engage les Slaves de l’Autriche à prendre l’initiative de l’affranchissement des Polonais et des Russes du despotisme de Nicolas Ier, et il affirme que la Russie est toute prête à faire une révolution.

Les paroles de Herzen, dans l’article qu’il fit paraître au commencement de l’année 1862, peu après l’arrivée de Bakounine à Londres, se rapportent à l’époque de la publication de l’ « Appel aux Slaves. »

Il écrivait :

« Quand Bakounine eut quitté Prague, il s’efforça, contrairement à Palatzki, d’amener l’entente des démocrates slaves entre les Hongrois qui voulaient l’indépendance de leur pays et les démocrates allemands. Cette union se fit avec nombre de Polonais ; du côté des Hongrois, le comte L. Teleky y donna son adhésion. Bakounine voulut fortifier cette alliance par son exemple et se chargea de diriger la défense