Page:Bakounine - Lettres à Herzen et Ogarev, trad. Stromberg, Perrin, 1896.djvu/61

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Bakounine avait conseillé au gouvernement révolutionnaire d’exposer sur les murs de la ville la madone de Raphaël et les toiles de Murillo, connue moyen de défense contre les Prussiens, ceux-ci ayant une culture trop artistique pour « oser tirer sur un Raphaël. »

Le 8 mai, devant les délégués de la ville de Leipzig, Bakounine avait fait un discours sur l’importance qu’aurait pour toute l’Europe la défense de Dresde ; le lendemain, les révolutionnaires de Dresde furent obligés de se disperser et se replièrent sur Fribourg en Brisgau.

Le 10 mai, Bakounine fut arrêté à Chemmitz.

L’officier prussien qui, à Altenbourg, était de garde auprès de lui, atteste, dans son rapport, de sa fermeté inébranlable ; il dit que Bakounine cherchait à lui persuader que dans les choses d’ordre politique le résultat seul décide s’il y a eu grand acte ou crime (Barchmin, die sociale Frage, 1876, in « Russland vor und nach dem Kriege ».)

Du mois d’août 1849 au mois de mai 1850, Bakounine resta sous les verroux dans la forteresse de Kœnigstein. Le conseil de guerre le condamna à la peine capitale, qui fut commuée par le roi en réclusion perpétuelle. Bientôt après il fut livré à l’Autriche.

On le conduisit, enchaîné, à Prague. Le gouvernement autrichien espérait apprendre, par ce condamné à perpétuité, les secrets du mouvement slave. Mais Bakounine refusa de répondre. On le laissa donc tranquille pendant presque une année. Néanmoins, les bruits qui coururent, au mois de mars de l’année sui-