Page:Balzac, Chasles, Rabou - Contes bruns, 1832.djvu/107

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la Doon, quand l’assemblée joyeuse, femmes, enfans, jeunes filles, s’en approcha. Les lutins disparurent aussitôt. Toutes ces grandes ailes, se déployant à la fois, obscurcissent l’air. Vous eussiez dit une nuée d’oiseaux s’élevant tout à coup du milieu des roseaux bruissans. La clarté de la lune se voila un moment ; Muirland et ses compagnons s’arrêtèrent.

— J’ai peur ! s’écria une jeune fille.

— Bah ! reprit le fermier, ce sont des canards sauvages qui s’envolent !

— Muirland, lui dit le jeune Colean d’un air de reproche, tu finiras mal ; tu ne crois à rien.

— Brûlons nos noix, cassons nos noisettes, reprit Muirland, sans faire attention à la réprimande de son camarade ; asseyons-nous ici, et vidons nos paniers. Voici un beau petit abri ; la roche nous couvre ; le gazon nous offre un lit douillet. Le grand diable ne me troublerait pas dans mes méditations, qui vont sortir de ces brocs et de ces bouteilles.