Page:Balzac, Chasles, Rabou - Contes bruns, 1832.djvu/358

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jusque dans ses fondemens, de la société prête à entrer en dissolution, le cas échéant de l’acquittement de Pierre Leroux ! Que n’assistiez-vous aux courtois éloges échangés entre la défense et l’accusation, quand l’avocat de l’accusé, prenant la parole, commença par déclarer qu’il ne pouvait se dispenser de rendre hommage au brillant talent oratoire déployé par le ministère public ! Que n’entendiez-vous le président de la cour faisant des mêmes félicitations le texte de son exorde, si bien que rien ne vous aurait défendu de croire qu’il s’agissait académiquement de décerner un prix d’éloquence, et point du tout d’ôter la vie à un homme ! Vous auriez pu voir aussi au milieu d’une foule de dames élégamment parées, comme dit un récit de journal, la sœur de M. Desalleux recevant les complimens de toutes les femmes de sa société, tandis qu’un peu plus loin son vieux père pleurait de bonheur en voyant le fils et l’orateur incomparable qu’il avait mis au monde.

Six semaines environ après toute cette joie de famille, Pierre Leroux monta avec l’exécuteur des hautes-œuvres sur une charrette qui l’attendait à la porte de la prison criminelle d’Orléans. Ils se