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166 HISTOIRE

rides... I a ou deux étrangers, donl les Qgures méridionales brûlaient de déses- poir et d'avidité, tranchaient auprès de ces vieux visages experts des douleurs du jeu, et semblables à d'anciens forçats qui ne s'effrayent plus des galères... — Les tailleurs et les banquiers immobiles jetaient sur les joueurs ce regard blême et assuré qui les tue... Les employés se promenaient nonchalamment. Sept ou huit spectateurs, rangés autour de la table, attendaient les scènes que les coups du sort, les figures des joueurs et le mouvement de l'or allaient leur donner. Ces désœu- vrés étaient là, silencieux, attentifs... Us venaienl dans cette salle comme le p mple va à la Grève. Us se regardèrent des yeux les uns les autres au moment ou le jeune homme prit place devant une chaise, sans s'y asst oir.

— Faites le jeu!... dit une voix grêle.

Chaque joueur pouta.

Le jeune homme jeta sur le tapis une pièce d'or qu'il tenait dans sa main, et yeux ardents allèrent alternativement des cartes à la pièce, de la pineaux cartes. Les spectateurs n'aperçurent aucun symptôme d'émotion sur cette figure froide et résignée p mdant le moment rapide que dura le plus violent combal par les angoisses duquel un cœur d'homme ait été torturé. Seulement. L'inconnu ferma les yeux quand il eut perdu, et ses lèvres blanchirent ; mais il releva bientôt s,» paupières, ses lèvres reprirent leur rougeur de corail, il regarda le râteau saisir sa dernière pièce d'or, affecta un air d'insouciance et disparut sans avoir cherché la moindre consolation sur les figures glacées des assistants.

n descendit les escaliers en sifflant le Di tanti palpiti, si bas, si faiblement, ([u ■ lui seul, peut-être, en entendait les notes; puis il s'achemina vers les Tuile- ries d'un pas lent, irrésolu, ne voyant ni les maisons, ni les passants, marchant comme au milieu du désert, n'écoutant qu'une voix, — la voix de la mort, — et perdu dans une méditation confuse, où il n'y avait qu'une pensée...

[1 traversa le jardin des Tuileries, en suivant le plus court chemin pour se rendre au pont Royal; et, s'y arrêtant au point culminant des voûtes, son regard plongea jusqu'au fond de la Sein ...

Dans la Revue des Deux Mondes de mai 1833 parut un autre fragment intitulé une Débauche; il était accompagné de la note sui- vante, qui se rapporte à la page Zi6, Iigne30, aux mots « et Canalis? » nom auquel, dan- la première édition, était substitué celui de Victor Hugo :

Obligé de donner de l'actualité à son livre, l'auteur a fait parler dans ce banquet les convives avec la liberté que supposent 1" vin et la bonne chère ; mais il espère que son opinion sur des hommes dont il estime sincèrement les ouvrages pas susp

il faut remarquer que, dans la première version de ce fragment, qui va delà page 37, dernier paragraphe, à la page 53, ligne Ht, tous les noms cités étaient des noms de personnages réels que Balzac remplaça plus tard par ceux des acteurs de la Comédie humaine

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