Page:Balzac Histoire des oeuvres 1879.djvu/226

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mais encore dans toutes les bibliothèques particulières ; et dont cinq éditions ont à peine suffi pour satisfaire la curiosité du public.

On comprend facilement le succès du célèbre romancier dont le nom est à la tête de cet ouvrage ; car il est du petit nombre des écrivains qui ne font pas commerce de leur plume, et restent constamment fidèles à l’étude et au progrès de l’art, au lieu de prendre l’argent pour unique but de leurs travaux. Aussi l’œuvre du consciencieux écrivain restera comme un monument dans lequel on pourra toujours, dans la suite des temps, puiser la connaissance exacte des mœurs du xixe siècle.

Dans peu, nous publierons un ouvrage qui diffère entièrement de celui-ci, la Femme de soixante ans[1]. On sait combien M. de Balzac excelle à peindre les types de femmes les plus précieux et les plus caractéristiques ; le livre que nous annonçons contient l’étude la plus remarquable que l’auteur ait faite en ce genre. On voit par le portrait de la femme de soixante ans que chaque âge a sa beauté et ses charmes. Bien des femmes arrivées à cette époque de la vie y retrouveront l’expression fidèle de leurs mérites, et celles qui en sont encore éloignées y puiseront de précieuses espérances pour l’avenir.

On retrouve donc dans ce livre les plus belles pages de l’écrivain qui nous a donné le Père Goriot, Eugénie Grandet, le Curé de village, Modeste Mignon et tant d’autres chefs-d’œuvre.G. R. (Gabriel Roux).

Avant de quitter la Comédie humaine, dont les Petites Misères de la Vie conjugale forment le dernier ouvrage, et de passer aux œuvres de Balzac qui n’ont jamais été réunies du vivant de leur auteur, nous allons donner ici un curieux tableau de cette Comédie humaine telle que Balzac rêvait de la réimprimer ; nous extrayons ce document d’un article publié à la mort de Balzac par Amédée Achard dans l’Assemblée nationale du 25 août 1850 ; ce tableau avait été établi en 1845 pour une deuxième édition de la Comédie humaine, projetée par Balzac avant l’achèvement même de la première ! Elle aurait formé vingt-six volumes. Ce travail avait été communiqué à l’auteur de Belle-Rose par son propriétaire, M. Laurent-Jan, à qui l’auteur lui-même l’avait donné, signé ainsi :

À Laurent-Jan, le constructeur soussigné,
DE BALZAC.

Les ouvrages en italiques sont ceux que la mort n’a pas permis à Balzac d’entreprendre ou de finir.

  1. L’Envers de l’histoire contemporaine, premier épisode : Madame de la Chanterie.