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le sang de la coupe


IV


Ainsi tu revivras telle que nous t’aimâmes
Avec tes grands cheveux qui baisent ton orteil,
Et les astres qui sont les demeures des âmes
Diront ce diadème à leurs rayons pareils.

Pour te donner le nimbe ardent que tu réclames,
J’ai volé dans l’azur les feux du ciel vermeil,
Et, pour dorer ton front de lumière et de flammes,
J’ai pris dans mes deux mains les couchers du soleil.

Car, messager céleste aux yeux remplis d’étoiles,
Je n’ai pas fait fleurir mon rêve sur les toiles,
Ni dans l’airain sacré, ni sur les marbres blancs.

Mais, plus heureux, je tiens cette lyre de l’Ode
Qui brave mille hivers, et cache dans ses flancs
Le grand art de Sappho, d’Orphée et d’Hésiode.


Octobre 1849.

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