Page:Banville - Socrate et sa Femme, 1886.djvu/26

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Socrate.

Socrate ! Qui ? Dracès ?


Myrrhine.

Socrate ! Qui ? Dracès ? Oui.


Socrate.

Socrate ! Qui ? Dracès ? Oui. Tu l’auras sans doute
Égaré par hasard, comme on perd sur sa route
Des pièces de monnaie ou des bijoux de prix ?
Dis, c’est bien cela ?


Myrrhine, avec colère.

Dis, c’est bien cela ? Non. C’est toi qui me l’a pris !
C’est toi qu’il suit avec une espérance folle,
Cherchant tes yeux, buvant longuement ta parole,
Écoutant tes discours rusés dont il a faim,
Et te suivant au bord de l’Ilissos, afin
D’apprendre la sagesse. Ô démence !


Socrate.

D’apprendre la sagesse. Ô démence ! Myrrhine,
En toi le beau Dracès a la beauté divine,
Les cheveux ruisselants, la lèvre qui fleurit… —


Myrrhine.

Que va-t-il donc chercher ailleurs !


Socrate.

Que va-t-il donc chercher ailleurs ! C’est un esprit
Qui, par un entretien sérieux ou futile,
L’enveloppe à son gré d’une flamme subtile ;
C’est la pensée, ainsi qu’un grand aigle irrité
Fuyant vers la justice et vers la vérité.