Page:Barbey d'Aurevilly - Une vieille maitresse, tome 1.djvu/40

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où l’indulgence et la malice se fondaient  :

« Ah ! — dit-elle en se ravisant, — c’est madame de Mendoze.

— Eh non, ma chère, non, ce n’est pas madame de Mendoze  ! — dit à son tour et très vivement Mme d’Artelles.

— Alors, c’est madame de Solcy, — reprit la pétulante marquise.

— Ni l’une ni l’autre, — fit Mme d’Artelles. — Est-ce que vous m’allez nommer tout le faubourg Saint-Germain  ? Vous êtes plus mauvaise langue que moi, ma chère. Je sais que les haïssables succès de M. de Marigny ont été nombreux. Madame de Solcy, madame de Mendoze et malheureusement beaucoup d’autres ont fait mille folies pour lui, et ce n’est pas une raison pour qu’il ne les voie plus dans les salons de Paris ou même chez elles. L’amour, dans une société de gens bien élevés, ne doit pas emporter toutes les relations de la vie. Mais la maîtresse actuelle de M. de Marigny n’est pas une femme comme il faut. C’est une créature qu’il a depuis dix ans  ; qu’il a peut-être toujours eue. Quand la société de Paris parlait de ses liaisons avec mesdames de Mendoze et de Solcy, quand les dévotes criaient au scandale, M. de Marigny mentait impudemment à ces femmes qui ne craignaient pas de se compromettre pour ses beaux yeux. Elles étaient, ma chère