Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/113

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DU MYSTICISME ET DE SAINT MARTIN[1]



Voici une surprise. Lorsque nous avons ouvert le livre que M. Caro a publié sur Saint-Martin, et qu’à la première page nous avons trouvé, à côté du nom de l’auteur, le titre toujours suspect jusqu’à l’inventaire des doctrines de celui qui le porte, « de professeur de philosophie », quand, à la seconde page, nous avons lu une dédicace à MM. Jules Simon et Saisset, traités respectueusement et affectueusement « de maîtres et d’amis », nous avons naturellement pensé que le Rationalisme contemporain allait, sans être un aigle, avoir beau jeu du bec et des griffes contre le mysticisme pris à partie, pour l’exécuter mieux et plus vite, dans la personne de Saint-Martin. Nous n’avons pas hésité à croire que ce grand égaré de Saint-Martin, qui a fait un livre intitulé Ecce homo, ne fût pris à son tour pour l’Ecce homo du mysticisme et outrageusement traité comme tel. Se marier, — disait

  1. Du mysticisme au dix-huitième siècle. — Essai sur la vie et les doctrines de Saint-Martin, le philosophe inconnu, par M. Caro.