Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/61

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


dieux, Voltaire, Rousseau et Franklin, qu’ils appelaient le Flambeau de l’humanité dans le style du temps, sérieux et comique, déclamatoire et plat.

Nous, catholiques du dix-neuvième siècle, nous n’avions à opposer aux trois colosses de la philosophie que deux hommes de hauteur qui en valaient bien trois, il est vrai, de Maistre et de Bonald, mais il nous manquait le troisième. A présent nous l’avons, et ce sera Donoso Cortès.

Dans cette réplique d’un siècle à un autre par ses plus grands hommes, le comte de Maistre, avec son esprit merveilleux, si aristocratique, si français, et ce don de plaisanterie charmante, qui était comme la fleur de son profond génie, le comte de Maistre tient naturellement la place de Voltaire, et c’est bien le Voltaire du catholicisme, en effet ! Bonald, qui en est le Montesquieu, Bonald, éloquent à force de dialectique, s’y oppose vivement à Rousseau, et, chose singulière et piquante ! Donoso Cortès, du pays du Cid et de sainte Térèse, Donoso Cortès qui a mis toutes les sciences de la terre aux pieds de la théologie, y fait vis-à-vis et contraste au naturaliste Franklin !


VI

Les œuvres choisies de Donoso Cortès sont précédées d’une introduction de M. Louis Veuillot qui, comme il nous l’apprend, fui l’ami du marquis de Valdegamas.