Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/119

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Néel sentit passer une palpitation dans son cœur, et presque aussitôt il aperçut Sombreval, dominant la foule de la coupole de son front bronzé et s’avançant résolument dans la nef, ajusté, fusillé par mille regards de mépris courroucé et de haine, mais n’y prenant seulement pas garde, car il suivait et surveillait sa Calixte, qui s’avançait aussi cherchant un banc, une chaise, une place, et n’en trouvant pas.

C’était la première fois, depuis qu’ils étaient au Quesnay, que les Sombreval osaient paraître au grand jour, et quoique partout leur vue eût causé un scandale, à l’église où ce prêtre défroqué et marié venait se montrer impudemment avec sa fille, le fruit de son crime, le scandale était encore plus grand… Lorsqu’on les avait aperçus franchissant le portail, l’indignation avait parcouru l’église, frémissante et près d’éclater.

Calixte avait alors senti un peu mieux, sous la bandelette rouge de son front, s’enfoncer son invisible couronne d’épines, mais ses yeux se portèrent sur Celui à qui le bois d’une croix enfonçait la sienne, et elle s’était avancée courageusement, à travers cette foule hostile qui s’écartait d’elle et de son père, les isolant, à force d’horreur. Elle était arrivée ainsi jusqu’à l’entrée du chœur où elle s’arrêta de respect.

L’église de Néhou, comme toutes les églises