Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/107

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CHAPITRE V


LA COLLINE FÊTE SON ROI


Cependant, sur la colline, aux heures du soir de ce long mois d’août, assises dans le grand jardin de Sion, devant les autels de la sainte Vierge et de saint Joseph que l’on voit encore aujourd’hui, un groupe de femmes se chagrinent qu’il tarde tellement, celui qui savait donner un aliment à leurs âmes. Sœur Thérèse, sœur Euphrasie, sœur Lazarine, sœur Quirin, sœur Marthe, les cinq religieuses restées fidèles à Léopold dans le malheur, du matin au soir vont et viennent de la cuisine au puits, du puits aux carrés de légumes, du poulailler aux étables, et du couvent aux quelques champs épars, pour revenir à la niche de la chienne aimée de Léopold, la Mouya, comme elle se nomme, ce qui veut