Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/28

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pour ressentir sa grandeur, sa solitude, sa constance et la suite brillante de ceux qui la foulèrent, bref, l’indéfinie poésie, la vertu qui dort dans ce haut refuge. Arche sainte, un mot !… Tout se tait ! Quel silence dans cet immense espace qui surveille, attentif, son haut lieu !



IV


Un homme a souffert de ce silence de Sion. Un homme, un prêtre, encadré de ses deux frères, prêtres eux-mêmes, les trois frères Baillard, au siècle dernier. On ne peut pas dire que ces personnages sont venus se placer dans la série des noms dignes de mémoire sur la colline nationale, et qu’ils forment le dernier anneau de la belle chaîne interrompue qui gît sur les friches de Sion-Vaudémont ; mais je suis attiré près d’eux, parce qu’une partie de mes pensées ou de mes impressions les plus instinctives sont celles-là mêmes pour lesquelles ils se dévouèrent, et que ces barbares sont ainsi mes parents. Ce sont eux qui, au lendemain de la Révolution et quand la