Page:Barrès - Une journée parlementaire - comédie de mœurs en trois actes (1894).djvu/15

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puissance de multiplication, dédommage de ses conditions un peu gênantes, mais désarmé devant l’arbitraire du Gouvernement. Alfred de Vigny écrivait en 1829 : « L’art de la scène appartient trop à l’action pour ne pas troubler le recueillement du poète ; outre cela, c’est l’art le plus étroit qui existe ; déjà trop borné pour les développements philosophiques à cause de l’impatience d’une assemblée et du temps qu’elle ne veut pas dépasser, il est encore resserré par des entraves de tout genre. Les plus pesantes sont celles de la censure théâtrale, qui empêche toujours d’approfondir les deux caractères sur lesquels repose toute la civilisation moderne, le prêtre et le roi ; on ne peut plus que les ébaucher, chose indigne de tout homme sérieux qui se sent le besoin de voir jusqu’au fond de ce qu’il regarde. »

Pour l’instant écarté de l’action publique, nous avions saisi ce moyen qu’est le théâtre, mais sera-ce sur des scènes fermées que nous serons réduits à parler du Parlement, et de l’homme de Gouvernement, du socialiste et de l'anarchiste ?