Page:Barthe - Drames de la vie réelle, 1896.djvu/83

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tories font du tapage à ce sujet, surtout à Montréal, menaçant de prendre les armes. Mort de Louis Bourdages, Ecr., M. P. P. La législature continue de siéger ; formation à Montréal d’un corps de carabiniers tory, pour épouvanter le gouvernement ; lord Gosford lance une proclamation tardive contre cette organisation ; la proclamation est méprisée on la déchire. Sir Francis B. Head arrive dans le Haut-Canada ; peu après il fait connaître partie des instructions que Gosford avait frauduleusement tenues secrètes : sensation et indignation causées par la conduite du perfide Lord Gosford ; intrigues des Hauts-Commissaires. Le conseil législatif rejette le bill d’éducation, ce qui ferme seize cents écoles élémentaires et ôte les moyens d’instruction à plus de quarante mille enfants Canadiens ; ce même corps rejette aussi plusieurs bills d’une importance majeure. La chambre offre de voter les subsides pour six mois, ce que le conseil refuse aussi. Le gouverneur plonge ses mains dans les coffres publics, et paie les officiers publics sans l’assentiment de la branche représentative de la législature.

1886 — Conduite ferme et énergique de la majorité de la Chambre d’Assemblée, malgré la désertion d’un certain parti connu sous le nom de statu quo ; cette conduite inerte de quelques-uns a le malheureux effet de donner des espérances au gouvernement et d’enhardir ses satellites qui se portent à toutes sortes d’excès ; les promesses de lord Gosford de remédier à plusieurs griefs restent sans exécution. Près de 800 électeurs de Québec, pour censurer la conduite de la minorité, présentent une adresse à l’honorable orateur Papineau, en signe d’approbation de sa conduite, et pour approuver le vote de la majorité, qui n’accordait les subsides que pour six mois. M. Caron résigne son siège ; nouvelle élection d’un membre de la haute ville de Québec. Dans le Haut-Canada, la chambre populaire ayant refusé les subsides, le gouverneur la dissout, et au moyen de la corruption, de l’intrigue et des lettres patentes fabriquées, Head se fait une majorité de tories. Le shérif Guay est accusé devant un grand jury de meurtre ; ce corps qu’il avait choisi rejette l’accusation. La Minerve signale le fait, son propriétaire, M. Duvernay, est aussitôt empoigné, traîné devant une cour dont il ne reconnaît pas la compétence dans cette matière ; il est condamné sans forme de procès à 80 jours de prison et à £80 d’amende. La législature s’assemble le 22 septembre. M. Morin présente une requête de M. Duvernay, alors dans les fers, se plaignant de la conduite arbitraire des juges Reid et Pike, et du procureur-général Ogden. L’assemblée s’ajourne d’elle-même après 18 jours de session, elle ne veut pas siéger tant que le conseil législatif ne sera pas réformé. Lord Gosford met la main sur les deniers publics et les disperse sans le consentement des députés du peuple. Les tories cherchent par tous les moyens possible à provoquer les Canadiens, qui attendent avec patience !!!

Notre laborieux Grand-Vicaire ajouta à ses notes ci-dessus, la nomenclature de la députation de Richelieu que voici :

De 1792 à 1796 — P. Guérout, B. Chénier.

De 1797 à 1800 — Charles Millette, C. B. Livernois.

De 1801 à 1805 — E. E. Hubert, L. Brodeur.

De 1805 à 1808 — Louis Bourdages, H. M. Delorme.

En 1809 — Louis Bourdages, B. Chenier.

En 1810 — Louis Bourdages, H. M. Delorme.

De 1810 à 1814 — L. Bourdages, H. M. Delorme.