ou d’Olympe les Phrygiens, pensez-vous qu’ils eussent aisément remporté de glorieuses couronnes, ou même qu’ils eussent pu se montrer dans l’arène sans se couvrir de ridicule ? Timothée ne quittait pas non plus son instrument pour aller vivre dans les palestres. Sans cela, il ne fût point parvenu à une telle supériorité sur tous les musiciens ses rivaux, lui dont l’art était si parfait qu’il pouvait, à son gré, exalter l’âme par une harmonie mâle et impétueuse, pour la calmer et l’attendrir ensuite par de plus douces mélodies. Un jour, dit-on, jouant sur le mode phrygien en présence d’Alexandre, il le fit lever de table pour courir aux armes, puis, adoucissant ses accords, il le ramena vers les convives. Tant l’exercice a de puissance, dans la musique comme dans les combats du gymnase, pour conduire au but de l’art.
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