Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 8, 1922.djvu/161

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NELLIE.

Faites comme chez vous… Pendant ce temps je mettrai le couvert !… Il me semble que je fais du camping dans les Alpes !…


MAURICE.

N’est-ce pas ?… Tout à fait !… Allô ! allô !… 530-24. Vous trouvez tout ce qu’il vous faut ?…


NELLIE, (amusée.)

Tout !… Vous allez voir… en deux minutes, le couvert sera dressé… Je ne m’occupe pas des vins ! Vous avez l’air muni !… (Elle déplie une nappe.) Oh ! la petite nappe à thé. En revanche, comme vous avez de grandes assiettes !…


MAURICE, (faisant la voix du loup.)

C’est pour mieux manger, mon enfant ! (Il regarde mélancoliquement cette enfant qui va et vient dans la chambre. Vivement.) Allô ! qui est là ? Ah ! c’est toi, maman… (Il paraît soulagé.) Tu rentres à la minute, et tu vas te mettre au lit tout de suite ?… C’est bien… Tu as raison… Non… je voulais seulement avoir de tes nouvelles… (Avec intention.) Je sais que tu as été souffrante, ces temps-ci… Oui, j’ai quelqu’un, une visite, dans la pièce à côté.


NELLIE, (riant tout en mettant le couvert, près du feu, légère et sans bruit.)

Oh ! à côté !


MAURICE, (avec tendresse.)

Comment te sens-tu ?… Ah ! voilà de bonnes paroles… C’est tout… je voulais être rassuré, ce soir, avant la nuit. Crois-tu que tu vas un peu dormir ?… Mais oui, évidemment… tu vas