Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 8, 1922.djvu/73

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allée au théâtre avec les autres… Figure-toi que la petite, dans sa précipitation, a laissé sa bourse, son sac…


LIANE, (reprenant la plume et sèchement.)

Eh bien, prends, prends, dépêche-toi et file vite… Tu es revenu de Montmartre pour ça ?…


MAURICE, (il cherche, en parlant, autour de lui.)

Aline a été un peu souffrante en route… toujours son point de côté… je crois à une menace d’appendicite… je l’ai ramenée chez sa mère, vite, en auto. Elle m’a dit de venir reprendre son sac pour demain… Je te croyais partie, sans quoi, je ne me serais pas permis de monter… Ah ! voilà ! (Il prend le sac sur le piano.) Ne te dérange pas. Adieu, maman…


LIANE.

Bonsoir… (Au moment où Maurice franchit la porte sur la pointe des pieds.) Ah ! au fait ! J’y pense… Toi aussi, tu es délicieux ! Il paraît… c’est le comble !… il paraît, malgré mes recommandations, que tu t’es affiché dans un concours de danse, est-ce que je sais !… de façon à ce que cent personnes t’aient vu !…


MAURICE.

Oh ! maman, c’était une toute petite poule… je me suis laissé entraîner…


LIANE.

Voilà tes attentions, tes délicatesses, quand on te demande quelque chose aussi, à toi !… Tous pareils, les hommes !… du premier au dernier !…

(Et son poing généralise sur la table ce qu’elle pense du genre humain.)

MAURICE.

Je te demande pardon… Je ne recommencerai