Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/103

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tion à l’Académie de Berlin ; puisque vous êtes un chef de laboratoire, pourriez-vous me donner quelques noms ? Je représente le groupe des médecins allemands qui ont souscrit à la médaille offerte à Monsieur Bouguet.


HERVÉ.

Volontiers. Voyons : Monsieur Pélissier, professeur au Muséum, le célèbre médecin Pravielle. (Il nomme de souvenir quelques personnes.) Tous ont tenu à se rendre à l’invitation des Bouguet et, voyez, ici, tournant le dos, c’est Hernert, le grand écrivain, vous savez, celui qui a refusé le prix Nobel, en faveur de Monsieur Bouguet.


LE JOURNALISTE.

Auriez-vous l’amabilité de me présenter à lui, je vous prie ?


HERVÉ.

Si vous voulez, Monsieur, comment ? Ah ! oui, Hoschfield. Monsieur Hernert, permettez-moi de vous présenter Monsieur Hoschfield, représentant d’une très importante revue scientifique de Berlin.


HERNERT, s’approchant.

S’il ne s’agit pas d’une interview, car je suis assez rebelle à ce genre de sport…


LE JOURNALISTE.

Non, Monsieur, je serais simplement heureux de dire, dans une revue scientifique étrangère, les raisons pour quoi vous vous êtes effacé devant Bouguet.


HERNERT.

Oh ! des raisons de préséance et d’admiration, simplement. On ne sait pas assez, dans le public français, que Bouguet est l’homme le plus extraordinaire de notre époque. Le goût des spécialités