Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/351

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Elle a été ma bienfaitrice, elle m’a sorti de l’ornière, elle m’a remis dans le droit chemin, sans que, pour cela, nous ayons eu, elle et moi, à nous reprocher l’ombre d’une faute… Sache donc ce que je t’ai toujours caché, que j’ai failli sombrer dans la faillite Guillemot… J’étais perdu, condamné d’avance à la prison ; Madame Ulric ne l’a pas voulu… Elle m’a, avec une charité admirable et toute pure, sauvé du désastre… Cela, d’honneur, je ne pouvais pas te le dire, non… je ne le pouvais pas !… Il y a des silences qui sont sacrés ! À l’heure actuelle des trois cent mille francs avancés, cent mille ont déjà été remboursés. Je tiens à ce que tu connaisses l’état des chiffres… Mais ce que cette femme, dans sa haine, a omis de te dire et ce qu’elle sait pourtant, c’est que je ne dois rien, à l’heure actuelle, à Madame Ulric… pas un sou !… Sur le moment, elle a couvert la somme énorme, mais à l’heure actuelle la créance est cédée à un autre… C’est, correctement à un bailleur de fonds, qui a accepté mes propres garanties, que je rembourserai petit à petit… Madame Ulric n’est plus en cause… Je ne lui dois que ma vie et mon honneur, tout simplement… C’est peu ! Et maintenant… de ce côté du moins… tu sais tout.


FRÉDÉRIQUE, (a écouté, suffoquée, atterrée.)

Je ratifie ce que vous venez d’entendre… Quand vous le voudrez, je vous confierai loyalement le détail de ce sombre passé… Je n’ai pas cru devoir refuser mon aide à un homme qui avait fait partie de notre vie intime, qui…


ÉVELINE, (repoussant un fauteuil, la voix stridente tout à coup.)

Savez-vous ce que criait la femme échevelée à