Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/77

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l’erreur… mais, à force d’étudier la vie, voilà… je suis peut-être hors de l’humanité !…

(Il se considère, ému, d’un œil intérieur, presque naïf, et son poing au menton.)

EDWIGE.

C’est fini !… Brute que je suis, je viens de donner mon coup de grâce !…


BOUGUET.

D’ailleurs, je vais me fixer moi-même là-dessus. Il faut que je cause avec Blondel…


EDWIGE, (sursaute.)

Vous allez lui révéler ?… Vous allez…


BOUGUET.

Jamais de la vie ! Je resterai dans les généralités les plus grandes. Mais ces généralités m’éclaireront. D’elles se dégagera manifestement le parti que je dois prendre. Je vais le voir ; je crois qu’il partage mes idées… mais je puis me tromper !… Peut-être sommes-nous à mille lieues l’un de l’autre… Nous ne parlons jamais ensemble de ces questions d’amour et de sentiment… Peut-être n’est-il dégagé d’aucun préjugé… Peut-être est-il attaché aux traditions. Je ne crois pas… c’est un simple, un véridique et un sain… Je verrai. En tout cas, ce qui m’importe, maintenant, c’est de me répondre à moi-même !… Je vais lui parler, j’éclairerai en même temps ma conscience, et, d’ici un quart d’heure, je saurai si je dois ou non autoriser ce mariage. (Il sonne.) J’appelle.


EDWIGE.

Tout de suite ?