Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/78

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BOUGUET.

Immédiatement. Pour l’instant, descends retrouver ma femme. Tu vas la rassurer, quoi qu’il advienne de toi par la suite, en lui disant à peu près ceci : « J’ai réfléchi. J’accepte, Madame, de grand cœur. Et je suis toute joyeuse. » Trouve un prétexte à ton humeur et à ton changement contradictoire… Mais, j’exige de toi, tu entends bien, (Avec force.) ceci est indispensable… que ma chère femme soit délivrée de tout soupçon, dans le même temps que j’aurai conversé avec Blondel… Arrange-toi… c’est ton affaire… Je me fie à ton intelligence et à ton cœur !


EDWIGE.

Je le promets…

(Entre le garçon de laboratoire.)

BOUGUET.

Arthur, voulez-vous prier Monsieur Blondel de venir à la minute dans mon bureau… (Il sort.) Plus un mot !… Va !…


EDWIGE.

Je serai soumise, obéissante… (Triste.) La part la plus belle de ma vie est désormais terminée. Le reste est dans vos mains. (Avec timidité.) Mais puis-je savoir ce que vous allez dire à Monsieur Blondel…


BOUGUET.

Non. Tu n’as plus à intervenir dans ce qui va être dit par nous deux… La partie de conscience qui se joue et se consomme autour de toi ne te concerne plus… Laisse faire et va… Pour l’instant, tu es une entité !…

(Elle sort, respectueuse, humble.)