Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/145

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Scène VIII


Les Mêmes, INÈS


INÈS.

Me voici libre… Donc ?


DON JUAN.

Mon ami Alonso. (Présentant Inès.) Une princesse inconnue.


ALONSO.

Belle dame, daignez excuser mon négligé !


DON JUAN.

Admirez la Providence. Il m’advient une chose assez extraordinaire. Figurez-vous… l’ami que voici a justement eu la même pensée que moi. Il a devancé mon désir, et l’opération que je proposais de faire devant vous, il l’a faite lui-même, tout seul.


ALONSO, (s’inclinant.)

Samedi dernier, noble dame, sur le coup de minuit.


INÈS.

Il a rapporté votre mouchoir de poche oublié ? Que c’est gentil de sa part !


DON JUAN, (frappant, solennel, sur le manuscrit.)

Voici l’histoire de ma vie. Je n’aurai pas besoin d’avancer de preuves et vous n’aurez qu’à lire, Inès, pour être convaincue mieux que par tous les parchemins de famille…