Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/179

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BARNAC.

Celui de n’avoir jamais rien écrit du tout…


MONSEIGNEUR, (souriant.)

Rendez-moi mon livre… Je vais le détruire.


BARNAC.

Et pour vous prouver que je n’appartiens à aucun parti, et que je ne suis pas franc-maçon comme on l’a prétendu, puis-je faire mieux que de vous donner ma voix ?


MONSEIGNEUR, (se levant, surpris et visiblement satisfait.)

C’est vrai ?… Ah ! comme je suis touché !… Je vous remercie de tout cœur.


BARNAC, (geste net.)

À une condition, par exemple !… Ne pâlissez pas. Ce n’est pas un chantage… Je ne vous demanderai pas votre montre.


MONSEIGNEUR.

Ah ! l’esprit, chez ces auteurs dramatiques !


BARNAC, (haussant les épaules avec commisération pour lui-même.)

Oh ! l’esprit !… (Il reprend.) Cette condition, la voilà… Est-ce que vous confessez, Monseigneur ?


MONSEIGNEUR, (vivement.)

Plus maintenant.


BARNAC, (éclatant de rire.)

Ne faites pas de geste de recul instinctif… Je n’avais aucune intention de vous demander l’absolution de mes vaudevilles de jeunesse !…